1. Parlez-nous de vous… Quel est votre parcours professionnel ?
Depuis mes 18 ans, j’occupe des postes liés à la fonction Marketing/Ventes. J’ai tout d’abord évolué comme commercial dans un univers B2B, pour le compte de PME, à un niveau national
et international (Espagne, Suède, Russie). Chacune de ces fonctions impliquaient systématiquement une part d’actions marketing.
Après plusieurs expériences de ce type, j’ai choisi d’exercer mes compétences dans une agence spécialisée dans le E-business, en tant que Responsable Marketing et E-marketing.
J’occupe cette fonction depuis plus de 2 ans maintenant.
Pour ce qui relève de ma formation, je suis originellement spécialisé en négociation & vente à l’ESC Toulouse. Après un passage d’un an à l’université d’Alicante (Espagne),
j’ai prolongé mes études à l’ESC Grenoble, avec une spécialisation Marketing, Conseil et management de l’innovation. J’ai toujours privilégié les expériences pratiques,
l’alternance et les missions extra-scolaires dans mes études.
2. Pourquoi avoir fait le choix du Marketing et de la vente?
Ces disciplines sont souvent perçues comme « de simples règles de bon sens ». Il est vrai que ni la vente, ni le marketing ne sont nouveaux ;
depuis la nuit des temps, les entrepreneurs commercent, choisissent un produit, fixent un prix, démarchent des clients…
Mais la vente et le marketing sont des métiers en perpétuelle évolution, et très dynamiques. Je me suis aussi passionné pour ces matières car :
- Ce sont des sciences pratiques, qui se focalisent sur le comportement & les attitudes humaines
- Ce sont des activités « inévitables » dans une entreprise : sans clients, sans chiffre d’affaires, sans différentiation, une entreprise ne peut pas survivre…
3. Quelles sont vos activités au sein de votre société ?
Aujourd’hui, ma fonction s’inscrit au sein d’une entreprise à taille humaine ; mes tâches impliquent polyvalence, prises de responsabilité et management des hommes.
Pour donner une analogie, je dirais que je suis le chef d’orchestre de mes équipes.
Plus concrètement, j’assiste la direction dans son travail. Je suis bien entendu en charge de tous les aspects marketing de la société. Mais j’exerce aussi la fonction d’expert e-marketing,
et conseille nos clients sur leurs stratégies E-commerce. Je coordonne les différentes équipes au quotidien, et améliore quotidiennement les services que nous vendons ainsi que leurs processus de délivrance.
Je participe également à tous les projets de développement de l’entreprise ; levée de fonds, lancement de nouveaux produits, R&D, politique de ressources humaines...
4. Partons à la découverte de votre blog…
Matthieu-tranvan.fr est un blog conçut comme une boite à outil et un support de veille pour les managers de PME & les E-marketers.
Un fil rouge tout de même: le taux de conversion E-commerce.
J’édite ce blog depuis 2009. Plusieurs fois par mois, je publie des articles en vue d’enrichir la « boite à outils » des professionnels de l’internet et des managers de PME.
Ce blog a trouvé rapidement son audience.
En effet, j’essaye de privilégier la qualité éditoriale plutôt que le « volume » de billets publiés. Avec l’article «Améliorer le Taux de conversion de votre e-commerce »,
Matthieu-tranvan.fr a été désigné par les internautes et un jury d’experts comme gagnant du concours « Meilleur Conseil Marketing 2009 » :
cette reconnaissance m’a encore plus motivé à continuer cette aventure éditoriale !
5. En plus d’écrire pour votre blog, vous contribuez et donnez des conseils sur des sites spécialisés, où trouvez-vous le temps ?
Merci d’avoir remarqué ma contribution sur d’autres sites que Matthieu-tranvan.fr ! En effet, toutes ces participations me prennent beaucoup de temps…
Mais je suis un passionné, qui sait s’impliquer. Or il se trouve que j’apprécie échanger, partager et débattre de mon métier avec mes pairs, exposer mon point de vue…
Ainsi, je trouve le temps en ne prêtant pas attention aux horaires ! Dès que j’ai un moment creux, j’essaye d’écrire, et de me tenir informé sur les tendances de mon métier.
Même si mes nuits ne dépassent jamais 6h, je me couche toujours avec la même satisfaction d’avoir pu exercer et échanger autour de ma profession.
6. Les métiers de l’e-marketing sont en train d’évoluer, que pensez-vous de ces changements ?
Effectivement, le e-marketing évolue. Plus que ça, le e-marketing est en perpétuelle turbulence ! Si vous le souhaitez, vous pouvez apprendre une nouvelle chose chaque jour sur le webmarketing !
Citons quelques exemples…
Les modifications de l’algorithme Google amènent toujours leur lot de « buzz » et de chamboulements. Les résultats personnalisés par exemple poussent les acteurs du E-business à ne plus réfléchir leur
référencement en termes de « positions dans le top Google », mais plutôt de « qualité du trafic ». Plus que jamais, les budgets e-marketing doivent s’employer à toucher « la bonne personne » plutôt
que toucher des milliers d’internautes.
Ainsi, on ne considère plus Internet comme un média de masse, mais comme un média personnalisé. Cette affirmation se justifie également avec l’émergence et le succès des médias sociaux. Tout le monde
a pu constater leur puissance en regardant à la TV les reportages sur les Apéros Géants organisés via Facebook, où les illuminés publiant des vidéos vus des millions de fois sur YouTube !
Un autre changement important est le désir toujours plus grand des consommateurs à être traités de manière « individuelle » et « irréprochable ». Les attributs produits ne suffisent plus. La marque
doit aussi être proche de son client, physiquement et affectivement. Elle doit être responsable, réactive, bienveillante… bref, humaine. On voit alors la personnalisation émerger comme une tendance
forte dans le e-marketing : la personnalisation des produits, des contenus, des messages… Mais les clients sont comme tout le monde ; ils changent d’humeur, d’idée, d’envies… Alors pour coller au
plus juste, le trigger marketing offre la possibilité de personnaliser les actions e-marketing en fonction des « évènements » déclenchés par les clients : abandon de panier,
inactivité, publicité comportementale, etc…
Même si ces changements agitent le monde du e-marketing, les fondamentaux restent une condition nécessaire pour devenir un bon e-marketer. C’est ensuite l’expérience empirique qui fait la différence.
Mais Il est primordial de ne pas se laisser submerger par tous ces changements, mais plutôt de saisir tous les enjeux et la pertinence des évolutions du métier.
Le Dalai Lama disait : « Au sein de cet environnement instable et turbulent, un seul élément reste constant : le changement. »
7. Quelles sont, d’après-vous, les difficultés que vont rencontrer les marketers ?
Pour moi, le grand challenge pour les marketer va consister justement à mettre en œuvre concrètement cette relation client « individualisée ». Dans l’ère de l’hypra-concurrence,
et de la nécessité forte d’agilité, les acheteurs ont définitivement le pouvoir. C’est l’ère où « le vendeur ne vend pas ; c’est le client qui achète ». Il faut s’atteler à connaitre
et servir au mieux. La gestion & l’exploitation des données clients deviendra encore plus stratégique.
Ensuite, j’anticipe que les techniques marketing deviendront de moins en moins « push » : terminé le marketing de l’attention, vive le marketing de la persuasion ! Dans ce contexte,
la notion de « timing » deviendra toujours plus importante. Le temps réel prendra une place encore plus cruciale. Or c’est un défi de grande taille pour les marketers.
8. Les annonceurs ?
Si je vois les techniques push décliner peu à peu, c’est aussi car la tolérance à la publicité baisse. La crédibilité des annonceurs diminuent. Les consommateurs ne croient plus aux
formules « sur-vendeuses ». Sur Internet, le phénomène d’Ad Blindness témoigne de cet état de fait.
La concurrence pousse également les annonceurs à innover plus vite, plus fort. Le guerilla marketing s’est positionné comme une alternative aux codes traditionnels de la communication des marques.
La réalité augmentée nous apportera peut-être bientôt un nouveau type de marketing alternatif.
Plutôt que penser communication, l’enjeu des annonceurs est de penser « dialogue ». Le client fait maintenant entendre sa voix. Il coproduit, il évalue, il juge, il s’exprime… Il ne suffit plus de
se faire connaitre ; il faut cultiver sa réputation. C’est le phénomène « d’humanisme de la marque » que je décrivais au-dessus. On consomme une marque comme on choisirait un ami.
Alors mieux vaut qu’elles ne soient pas entachés de sombres histoires !
9. Quelles sont les compétences que doit posséder un bon marketer ?
Si l’on entend « compétences » par savoir-faire et savoir-être, alors je dirai qu’un bon marketer doit :
- Etre polyvalent et avoir bonne connaissance du monde de l’entreprise
- Enrichir constamment ses connaissances en étant ouvert aux autres
- Etre analytique tout en sachant se fier à son intuition
- Etre une force de proposition affirmée
- Savoir conduire des projets en faisant preuve de leadership
- Etre à l’affut de toutes les innovations & des nouveaux usages
10. Avez-vous des objectifs de carrière ?
Dans un monde parfait, sur un horizon de 15-20 ans, je souhaite diriger une PME à taille humaine, dans un secteur à forte valeur ajoutée.
11. Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui veulent se lancer dans le marketing ?
Connaitre parfaitement ses fondamentaux et savoir les appliquer de manière pragmatique. C’est d’abord en maitrisant ses fondamentaux que l’on est ensuite en mesure d’anticiper.
Ensuite, s’impliquer et s’auto-former constamment. Avant d’être un créatif publicitaire, le marketer est un bon technicien et un bon homme d’affaires. Il sait se démarquer, convaincre,
communiquer et s’ouvre aux opportunités qui lui permette de devancer ses concurrents.
Il faut travailler aussi sa créativité. Sortir du lot, « être la vache pourpre » pour citer Seth Godin, c’est crucial dans l’environnement turbulent où nous vivons.
12. Le mot de la fin ?
Le marketing et le E-business ont de beaux jours devant eux !
Merci à
TribuneExperts pour m’avoir donné l’opportunité de cette interview. Merci à vos lecteurs qui se seront attardés sur ces quelques lignes.
Vous pouvez me suivre régulièrement via mon blog,
Matthieu-tranvan.fr.
Au plaisir de vous y retrouver,