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Florent HERNANDEZ - Blog Socialmkg

Profession : Consultant Web - Médias sociaux



Expert en stratégie Web Médias Sociaux - Alhena



L’équipe de TribuneExperts a interrogé Florent Hernandez, Fondateur d’Alhena. Il nous présente son expertise des projets web médias sociaux et les services proposés par son entreprise.


publié Le 17 Mars 2011




Tout d’abord, un mot sur vous, gérant et fondateur d’Alhena, et sur votre parcours professionnel …

Bonjour, tout d’abord je vous remercie de m’accorder cette interview, qui je l’espère, permettra aux lecteurs de TribuneExperts de se faire une idée plus précise de ces nouveaux métiers liés au web 2.0 qui apparaissent depuis maintenant quelques années.

Pour ce qui est de mon parcours, j’ai étudié à l’Ecole Nationale Supérieure des Mines de Saint Etienne, cursus que j’ai complété par un mastère spécialisé en management de l’innovation et de la technologie à l’EM Lyon. Ces années études ont été agrémentées par des expériences en entreprises, aussi bien dans des grands groupes (Cabinet de conseil) que dans des petites structures.

Ma dernière expérience, au sein d’une start-up web, a été l’élément déclencheur de ma création d’entreprise. Il a engendré la réalisation d’une thèse professionnelle sur l’impact organisationnel des médias sociaux sur les entreprises, puis, dans la foulée, la création d’Alhena.

Passionné de musique et de sport, j’essaye de garder un peu de temps libre pour ces activités, qui selon moi sont la base d’un bon équilibre de vie, et donc de la réussite de mon entrepreneuriat.


Pourquoi avoir créé Alhena et quels sont ses objectifs ?

Alhena est le résultat de l’alliance entre une passion pour le web 2.0 et l’envie d’entreprendre. Je suis persuadé que nous vivons actuellement une période très importante, tant d’un point de vue technologique que comportemental. Ces nouveaux outils, les médias sociaux, que tout le monde a pris l’habitude de nommer « web 2.0 », changent nos habitudes, aussi bien d’un point de vue professionnel que personnel. Qui de nos jours ne regarde pas une information sur Internet avant d’acheter un produit ? Les blogs, les forums, les réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter sont devenu des leviers de plus en plus indispensables avec le temps.

Ce secteur d’activité est peut être un de seuls sur lequel ma jeunesse (26 ans) ne représente pas un handicap mais une force aux yeux des clients.

Les objectifs (un peu utopistes) d’Alhena seraient de développer l’utilisation de ces nouveaux médias en France, pays dans lequel nous avons pris un certain retard par rapport à des territoires comme les US et de faire prendre conscience aux entreprises du potentiel incroyable qu’offrent les médias sociaux.

Concrètement, que proposez-vous comme solutions, si je suis dirigeant de ma société et que je souhaite promouvoir mes services sur internet ?

Dans un premier temps, je propose une étude de votre entreprise. Je ne prétends pas connaître tous les secteurs d’activités… or cette connaissance est importante pour que la stratégie que je vais proposer ensuite soit cohérente. Il est évident que les préconisations seront différentes selon que l’entreprise se situe sur un marché B2B, B2C, qu’elle propose du service ou des produits. Cette première étape passe par une étude de ce que je nomme le « web-écosystème ». Elle comprend l’analyse de la présence web de la marque, de son e-réputation, la présence de sa concurrence ainsi que l’étude de ses clients.

Passé cette première étape, je propose une stratégie adaptée pour tirer parti des médias sociaux. Cela peut prendre différentes formes. Je peux préconiser des créations de profils sociaux, du community management, de la gestion de e-réputation ou encore de la formation. Les réseaux préconisés dépendront du secteur d’activité, ils ne sont considérés que comme des outils. Ceux-ci pourront tout aussi bien être Twitter, Facebook, Viadéo, Linkedin, FlickR, ou tous autres réseaux sociaux spécialisés.

Dans certains cas, nous pourront également gérer la mise en place d’opération spéciales telles que du marketing viral, des campagnes Adwords ou social marketing, de la création de site web ou de divers espaces communautaires.

Des réseaux plus spécialisés commencent à se développer sur des thématiques particulières, pour vous est-ce la prochaine évolution du web ?

En effet, ces réseaux spécialisés fleurissent beaucoup sur la toile. Toutefois, je ne pense pas que ce soit la prochaine évolution du web. Ces réseaux sont sensiblement les mêmes que les généralistes dans leurs fonctionnement, ils n’apportent rien de nouveau, si ce n’est le fait de regrouper des internautes autour d’un secteur d’activité ou d’une passion bien précise.

Ces réseaux sont une véritable opportunité pour les entreprises. Souvent considérés par ces dernières comme inutiles car beaucoup moins fréquentés que les « géants » (Facebook, Twitter, Youtube etc…), ils offrent la possibilité de toucher des communautés de passionnés, qui sont souvent les premiers ambassadeurs d’une marque. Ces nouveaux espaces communautaires ne doivent à mon avis surtout pas être délaissés par les entreprises.

En ce qui concerne la prochaine évolution majeure, je dirais plutôt qu’elle concerne la « personnalisation » du web. On le voit déjà un peu apparaître avec le système Open Graph de Facebook : les sites s’adaptent à l’internaute, en fonction de ses centres d’intérêts, de sa localisation et de toutes les informations qu’il a pu fournir, pour lui proposer du contenu adapté.v

Y-a-t-il une « formule magique » pour gagner en influence sur les réseaux sociaux ?

Evidemment il n’existe pas de formule magique pour gagner en influence. Il y a un certains nombres de règles à respecter pour pouvoir prétendre à un peu d’influence. Parmi elles, on retrouve la transparence, l’honnêteté, le respect et le partage. Bien entendu, appliquer ces valeurs ne suffit pas, il faut également créer et partager du contenu qui intéresse la communauté que l’on souhaite toucher, et c’est bien là le plus compliqué. Il ne suffit pas de tweeter quelques informations, partager quelques vidéos sur Facebook pour devenir influent. Il faut créer de véritables liens avec la communauté. La notion « d’engagement » prend ici toute son importance, il faut donner pour recevoir.

La formule magique si elle existe ressemblerait donc à cela :
Engagement + Valeurs + Qualité du contenu + travail + chance = Influence

J’ai rajouté discrètement le facteur chance, parce qu’elle joue à mon avis aussi un rôle assez important. Tweeter un article qu’on a écrit alors que dans le même temps quelqu’un d’influent lit sa TimeLine (Fil Twitter) et retweet… il y a une part de chance, surtout quand on connaît la rapidité avec laquelle les tweet défilent bien souvent. Certains diront que la chance se provoque… je suis assez d’accord, mais c’est un autre débat…

Depuis maintenant quelques années, on parle d’un nouveau rôle dans les entreprises du web : le community manager. Pouvez-vous nous parler de cette fonction ?

Effectivement, de plus en plus on voit des community manager intégrer les entreprises. Cela fait partie des nouveaux métiers que le web 2.0 a engendrés. Le community manager, comme son nom l’indique, a pour principale mission d’animer des communautés. Contrairement à ce que beaucoup pensent, il ne suffit pas de publier quelques informations sur une page Facebook pour faire du community management. Le métier de community manager demande de réelles compétences et une connaissance du web 2.0 poussée. Cela est souvent oublié et on s’aperçoit souvent que la tâche est confiée aux personnes ayant un creux d’activité (par exemple le stagiaire : « tu es jeune, tu dois savoir utiliser Facebook… »).

Plusieurs tâche incombent au community manager : Il doit à la fois animer les « fans », en recruter de nouveaux, tout en veillant à l’image de marque de l’entreprise.

La fonction de community manager devient indispensable. Quand on sait que 76% des achats sont précédés par une recherche sur le web, la gestion de la réputation pour une marque semble inévitable.

Comment orchestrer une opération marketing si l’on souhaite « créer le buzz » ?

Créer le buzz n’est pas quelque chose de simple. La première des choses à faire est de définir des objectifs clairs et précis. Veut-on acquérir du trafic ? Augmenter sa visibilité ? Gagner en notoriété ? Augmenter sa communauté ? Les objectifs à la base d’une opération de marketing viral ne sont pas ce qui manque. Ces objectifs fixés, il est important de trouver le format qui sera le plus adapté à la diffusion virale de notre opération. Cela dépend bien souvent des cibles que l’on souhaite toucher. Le buzz peut donc prendre la forme d’une vidéo, d’une photo, d’un article…

Avant de mettre en ligne l’opération, il est indispensable de savoir où est-ce qu’on a envie qu’il se propage, dans quelles communautés. Pour cela, il faut étudier les cibles et trouver ce qu’on appelle les leaders d’opinions. Ce sont eux qui vont permettre d’initier la viralité de l’opération et au buzz de se propager rapidement. Cette tâche demande un peu de temps, mais elle est indispensable au bon fonctionnement de l’opération. Une fois lancé, le buzz ne se fait pas tout seul, il faut s’attendre à le relancer lorsqu’il s’essouffle, en sollicitant de nouveaux leaders. Un monitoring et une veille active sont nécessaires pour assurer le bon déroulement de l’opération.

Enfin, il faut toujours garder en tête que la viralité repose sur un principe simple : l’émotion. L’émotion est le facteur déterminant dans le partage d’une information. Susciter une émotion chez l’internaute (humour, tristesse, compassion,…) est le meilleur moyen de lui faire partager une information avec son entourage.

Pour résumer, il ne faut surtout pas croire que le buzz marketing est une solution simple pour faire parler de soi ou de sa marque. Cela prend du temps et nécessite de faire plusieurs études avant de se lancer.

Partons à la découverte du blog http://ckilelion.com/. Quelle est la ligne éditoriale de votre blog ?

Ckilelion est un blog qui traite exclusivement des sujets liés aux médias sociaux et à leurs utilisations professionnelles. J’essaye sur cet espace de ne pas avoir un discours trop technique, pour que des visiteurs non spécialistes du sujet ne soient pas perdus.

Je tente d’expliquer sur ckilelion les bonnes méthodes à appliquer (selon moi) pour que des marques puissent tirer profit de ces nouveaux médias. Il arrive également que je publie des articles purement informatifs ou d’actualités, sur des nouveaux réseaux ou de nouvelles fonctionnalités.

Comment en êtes-vous arrivé à bloguer ? Et quelle est votre communauté (nombre de visites, followers…) ?

Les médias sociaux sont un sujet en constante évolution, sur lequel il existe une infinité de « techniques » et de bonnes pratiques. Ckilelion me permet de confronter mes idées aux internautes pour avoir leur retour et « sonder » ce qui se fait sur Internet. Il est important pour moi d’avoir ce retour pour constamment faire évoluer mes connaissances.

Le blog compte maintenant 10 mois d’existence et commence à être suivi par pas mal de lecteurs. Au mois de février, l’audience a été de 2500 visiteurs.

Un projet de changement de nom et de look est en cours d’étude, j’espère que les internautes suivront !

Finalement, quel(s) conseil(s) donneriez-vous à une entreprise qui souhaite mettre en place une stratégie sur les médias sociaux ?

La première des choses à faire est de fixer des objectifs. Trop d’entreprises se lancent sur ces nouveaux médias sans vraiment savoir pourquoi, uniquement parce qu’ils ont entendu qu’il fallait le faire. Sans ces objectifs, il est bien entendu impossible de dire si la stratégie mise en place est payante ou non… Réfléchir en amont à la stratégie web 2.0 permet également de mettre en place de meilleurs outils, plus efficaces et plus cohérents avec la société.

Un dernier mot ?

Pour conclure, j’aimerai souligner le fait que nous vivons une période très intéressante. Le bouleversement dans les habitudes et dans les cheminements des informations est énorme. Internet, et plus particulièrement les médias sociaux, sont les principales causes de ces changement : ce sont des outils surpuissants et il apparaît de plus en plus indéniable que leurs utilisations est obligatoire pour les sociétés.



Florent HERNANDEZ, interviewé par l'équipe TribuneExperts


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