publié Le 04 Juin 2009
Être blogueur, c'est d'emblée "avoir une situation" sur le Web. Vous rejoignez une communauté de plus soixante-dix millions de personnes et
ancienne d'une décennie. Et cette communauté a ses faits d'armes, ses stars, ses gloires : une communauté qui a changé Internet, les médias et
peut-être le monde.
Entre la froideur d'un site Web, le cloisonnement des réseaux sociaux et le babil de Twitter, je pense qu'être blogueur est la meilleure
façon pour une entreprise d'exister sur le Web.
L'indifférence, la suspicion, le rejet croissants de la publicité et, plus généralement, de tout discours d'entreprise par les consommateurs (McKinsey : PDF)
et, de façon concomitante, la prise de pouvoir de ceux-ci via les outils de communication du Web (blog, e-mail, messagerie, réseaux sociaux…) rend l'exercice de la
communication périlleux pour une entreprise. C'est d'autant plus vrai pour une start-up, par définition trop peu argentée pour financer des campagnes médias
sophistiquées.
En produisant régulièrement du contenu de qualité et en s'exprimant avec naturel, le blog offre une opportunité exceptionnelle pour une entreprise
de construire crédibilité et confiance auprès de son audience. Or sans ces éléments, point de vente.
Avant de m'engager dans cette expérience de blogueur, j'avais évalué son coût à environ cinq mille euros (temps de rédaction compris).
Ne valait-il pas mieux les dépenser en communication classique (salon, bannières, RP…) et épargner ainsi des dizaines d'heures ? Je ne le pense pas.
Que construit-on par ces moyens, surtout avec une somme aussi faible ? Peu de choses. De la notoriété ; un peu de crédibilité, de trafic. Encore faut-il
régulièrement remettre au pot pour pour percer et persister.
A contrario, un blog construit quelque chose de durable : une audience. Cette audience, on peut en mesurer le nombre, la fidélité et la pertinence. C'est un actif pour
la société.
Bloguer demande de la veille, des recherches, de la réflexion puis de la rigueur et de la clarté dans l'exposition. Bloguer m'a fait progresser sur bien des sujets : certains concepts du Web, ses modèles économiques, etc. Je blogue aussi pour apprendre et, du reste, les échanges avec les lecteurs y contribuent. Or la connaissance est à la base de l'innovation et de meilleures décisions.
Le blog est un outil de communication moderne, et il n'y a pas d'autre moyen de le maîtriser que de l'utiliser. Ce faisant, on apprend à :
* rédiger des messages courts (enfin, dans mon cas, ils pourraient l'être davantage), attractifs et percutants
* le promouvoir (référencement naturel, syndication, digg like…)
* utiliser les outils de mesure et les indicateurs adéquats.
Maîtriser cet outil, c'est disposer d'une arme légère, réactive et puissante pour différents : lancement, riposte, gestion de crise, succès,
storytelling, etc.
Du moment qu'on existe sur le Web, on est amené à rencontrer des personnes, virtuellement ou dans le monde réel. J'ai ainsi enrichi mon réseau de personnes intéressantes et dont certaines pourront être utiles à notre business.
C'est le fun de la chose. Il y a quelques mois, j'ai été contacté par une personne pour autoriser une photo de "nos bureaux"
dans un guide Web.
Une personne m'a proposé au début de l'année de délivrer une prestation d'e-marketing. La semaine dernière encore,
les éditions Eyrolles m'ont appellé pour publier un e-book sur le web marketing.
En conclusion, peut-être vous demandez-vous pourquoi je n'ai pas dit "simple et économique". C'est qu'en fait, à mes yeux, ce ne saurait
être une raison, seulement un catalyseur. Surtout, si c'est effectivement financièrement économique, c'est gourmand en matière de temps.
Et le temps ne se retrouvant pas, je veille toujours à ce que bloguer ne devienne pas une habitude ou un loisir.