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Raconter l'Entreprise (extrait de l'ebook "Du Markeutinge et de la Comm. Décryptages num. 1")



La confiance que l’on accorde à un collectif est directement liée à l’amplitude de son existence et à la cohérence entre ses actes et la cause qu’il embrasse. Et lorsque l’on a confiance en un collectif, on se repose sur lui pour ce qu’il offre dont on a besoin.


publié Le 25 Mai 2009


Avant sa parution au format eBook prévue le 1er juin 2009, voici, en avant-première, le dixième chapitre « Raconter l'Entreprise » du nouveau livre de Luc-Olivier Lafeuille : « Du Markeutinge et de la Comm. - Décryptages num. 1 ».


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On pourrait être tenté de croire que de raconter qui l’on est, en tant que groupe constituant une activité, une entreprise, une institution, pourrait n’avoir que peu d’intérêt ou qu’il ne faudrait pas s'y attarder.

C’est sans doute une des plus grandes erreurs que l’on puisse commettre et ce pour au moins 3 raisons :


1. un groupe d’individus n’est un groupe que dans la mesure où il est fédéré autour d’une cause commune ;


2. un groupe, donc une entité morale, est vu de l’extérieur comme une entité à partir du moment où sa cause est visible ;


3. l’amplitude de l’existence d’un groupe est la résultante de la perception interne conjuguée à la perception externe.


Et alors ? Et alors, la confiance que l’on accorde à un collectif est directement liée à l’amplitude de son existence et à la cohérence entre ses actes et la cause qu’il embrasse. Et lorsque l’on a confiance en un collectif, on se repose sur lui pour ce qu’il offre dont on a besoin.

Nombre de projets d’entreprises débutent sans plus d’IDÉE que : distribuer des pommes de terre allemandes dans le sud de la France. Avec une telle IDÉE, on peut tout imaginer, mais on n’a pas la moindre IDÉE de l’amplitude du projet. On ne sait pas non plus dans quelles conditions on va le faire. On sait encore moins de quels types de pommes de terre il s’agira, pas plus que pourquoi on va le faire (hormis le porteur de l'idée, bien sûr).

Et nous voilà revenu à la définition de vocation (voir “Vocation et État d’esprit”).

Il est temps de mieux définir la cause, le vecteur, le but, les conditions d’exécution, la stratégie, l’éthique, … bref le cadre de l’idée. Pourquoi ? Parce que si les routes étaient aussi larges que longues, on se perdrait ou, au mieux, on aurait beaucoup de mal à arriver à destination.

Il pourrait ne pas y avoir de destination ? Parfait ! Alors comment demander à un collectif de se fédérer à une cause commune si chacun ne sait pas où il va ou, pire encore, si chacun à sa propre destination ! Bonjour l’impossibilité générale de travailler en synergie !


Faire vivre la cause


Partant de la nécessité qu’une cause doit exister, il faut quand même admettre autre chose. Une cause n’est pas quelque chose qui se maintient toute seule sous prétexte qu’un jour, elle a été définie. Une cause peut s’affiner, s’affirmer, s’amplifier, se préciser, …

Une cause doit aussi être tangible pour être crédible. Il ne suffit pas de déclarer que nous sommes “Les spécialistes de l’Énergie Renouvelable”, encore faut-il le démontrer, et ce, aussi bien pour l’interne (donc le collectif constituant le groupe) que pour l’externe (le collectif constituant l’auditoire). Rien ne vaut les faits. Tout ce que l’on pourra proclamer ne sera qu’intention. Tous les faits que l’on montrera seront la validation de l’intention.

La communication institutionnelle a pour objectif fondamental d’apporter du crédit à un collectif et à l’action qu’il entreprend. Lorsque l’on se contente de faire de la communication produits et que l’on ergote sur le fait de parler de la cause globale, on est perçu comme des marchands sans âme. Et des marchands sans âme, on leur fait rarement confiance. Pourquoi croyez-vous qu’une firme comme Apple a tant de fidèles ?


En synthèse


Si vous n’avez pas de cause, trouvez-en une. Faites en sorte qu’elle soit attendue d’un auditoire. Faites que le collectif se l’approprie et la respecte.

Si elle ne recueille pas l’audience voulue ou amène vos comptes dans le rouge, changez-la ! Mais dites-vous aussi qu’à trop en changer c’est comme ne pas en avoir. Et cela vaut aussi pour la cause à large spectre. Trop large égale “qui bouffe à tous les râteliers”.

Une fois que vous la tenez, faites-la vivre, parlez-en, racontez-la, et surtout prouvez-la !



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