
Luc-Olivier LAFEUILLE - Blog sur le Marketing et la Communication - L'Agence Asity - Blog de Photos - Kleen'up - Poubelle Cendrier de Poche - Merchandising
Profession : Directeur de Conception
publié Le 03 Avril 2009
On ne le répétera jamais assez, la meilleure des publicités, et la meilleure des actions
commerciales, c'est que l'on vous recommande, vous, vos produits, vos services ...
C'est ce que l'on appelle « la prescription » chez les commerciaux.
C'est incontestablement la meilleure des publicités parce que tout établissement de
relations avec un inconnu, que ce soit une entreprise, un produit, un service, une
association, ..., passe par une phase de doute. Ce doute peut être allégé par l'apport d'un
ou plusieurs éléments de confiance externes et il sera considérablement réduit si les
sources de confiance externes sont multiples ou si elles disposent d'une certitude de
fiabilité auprès de l'auditoire.
Lorsque nous recherchons une solution, un produit, un service, nous sommes
confrontés au niveau de précision de l'idée que nous avons de la chose. Même s'il
nous semble que notre niveau de précision est élevé, il subsiste toujours des zones
d'incertitude ou d'imprécision et celles-ci vont se révéler au contact des informations sur la
chose que nous recherchons - ou des choses proches, semblables, de la même famille.
C'est vrai dans l'acte d'achat comme pour n'importe quoi de nouveau que nous
introduisons dans notre vie. Ce n'est que lorsque la proportion d'incertitudes est faible (en
rapport au risque) que l'on ira plus loin.
Attention à ne pas confondre ce phénomène de doute avec ce que les commerciaux
appellent des objections qui interviennent soit lors de la prospection (la personne
contactée n'est pas initiatrice de la demande), soit au moment de la négociation de la
vente (la personne contactée se doit de faire un bon achat, un achat qui lui soit favorable).
Les mécanismes de l'incertitude s'appuient pratiquement tous sur ceux de la crédibilité
référentielle. Atchoum ! Ou en d'autres termes sur : le niveau de crédibilité des gens
ou institutions qui sont liées à la chose que l'on convoite, ...
Même une incertitude exprimée par exemple par : « ai-je vraiment besoin de cela ? » est
bien souvent due au fait de douter de la crédibilité de ceux qui ont exprimé l'intérêt que
présentait la chose.
Attention, bis ! Toutes justifications au fait qu'un auditoire ne reconnaîtrait pas l'intérêt d'un
produit, d'un service, ... alors qu'il en aurait besoin, reviendrait à avoir trouvé de bonnes
excuses au manque ou à l'absence de crédibilité des prescripteurs.
L'incertitude n'est donc qu'un doute. Le doute, c'est une situation suspendue entre
deux états. L'achat d'une chose que l'on ne possède pas, le remplacement d'une chose
que l'on possède (même cassée, vétuste ou ancienne), l'acquisition d'une prestation, d'un
service, etc. tous ces actes ne sont que des changements d'état.
La personne confrontée à devoir opérer ce changement d'état tente de se figurer son état
à venir en rapport à l'état présent qu'elle envisage de quitter. Elle tente d'établir la
différence entre les 2 états, de se figurer les bénéfices de l'état à venir et elle va
aussi s'imaginer dans cet état à venir et essayer de le vivre avant qu'il ne survienne.
L'exemple classique du gars qui s'imagine rouler dans sa belle nouvelle voiture et d'aller
voir les amis.
Oui, mais ! De quelle nature seront tous les bénéfices que cette personne va établir ?
Hélas pour nous, consommateurs, ils seront subjectifs (voir « La Communication Produit
et le Business Model »). Et c'est justement parce qu'ils sont subjectifs que nous allons
« dire » vouloir davantage d'objectivité, bénéfices qui en réalité ne seront jamais plus que :
moins de subjectivité - l'objectivité étant un absolu inaccessible.
Mais comment ? Tout d'abord, une situation de doute nous indique de mettre en
opposition les visées, les intentions, les prétentions que porte une chose d'avec
celles d'une autre chose. Ou, en d'autres termes : que promet de produire, faire,
fournir, ... telle chose par rapport à ce que promet de produire, faire, fournir, ... telle autre
chose ?
Notons que dans le cas d'un remplacement, d'une substitution, ... c'est le même principe.
L'ancienne chose avait elle aussi sa promesse. Et lorsqu'il s'agit de quelque chose de
nouveau qu'on ne possédait pas, ... c'est toujours, là encore, le même principe. Laver son
linge à la main a nécessité qu'on lui accorde des bénéfices (c'est plus sain pour le linge,
on utilise moins de détergeant, ..., c'est bon pour les bras, ...) que l'on opposera aux
promesses de la machine à laver - ou de la lessiveuse d'arrière-grand-mère.
Notre interrogation suivante, bien naturellement, sera : les promesses sont-elles
tenues ? Ou, en d'autres termes, les visées, les intentions, les prétentions, que portent les
deux choses mises en opposition, produisent-elles, fournissent-elles, des résultats à la
hauteur des promesses ?
Là encore notons que, dans le cas d'un remplacement, on tentera d'opposer les résultats
que NOUS avons constatés de l'ancienne chose d'avec les résultats prétendus (ou vécus
par d'autres) de la chose convoitée. Et lorsqu'il s'agit de quelque chose de nouveau, ce
sera encore le même mécanisme (Mes draps n'ont jamais été abîmés, c'est vrai. Mais
mes mains si).
Une petite parenthèse sur ce que j'appelle : le doute par mauvaise expérience. C'est le
cas de la personne qui se trouve confrontée à des promesses non tenues et qui va alors
se trouver en forte suspicion des promesses et résultats d'une chose qu'elle ne possède
pas encore et aimerait pourtant acquérir. Il existe des gens qui, du fait de ce phénomène,
ont un mal fou à passer à l'acte.
À ce stade là, nous entrons directement dans le mécanisme de l'influence car,
évidemment, nous aurons besoin d'avoir confiance dans l'information collectée.
Et immanquablement nous allons nous poser des questions par rapport à la crédibilité de
l'émetteur des informations : Qui est émetteur des résultats ? Celui qui est à l'origine de
l'intention, de la promesse ? Quelqu'un d'autre ? Et cet autre ou ces autres, quels liens
ont-ils avec l'émetteur de cette promesse ?
Et bien évidemment, si l'information et la chose convoitée proviennent d'une seule et
même source, nous allons nous retrouver devant un cas de conscience : celui qui promet
veut aussi nous démontrer qu'il tient ses promesses - c'est un peu trop facile et facilement
suspect. Et suivant qu'on se soit déjà fait ou non avoir par de «belles promesses», eh bien,
l'on sera plus ou moins méfiant/.
Premièrement, il est nécessaire que l'information sur les résultats de l'intention
(donc de la promesse) provienne d'un émetteur différent de celui de la promesse
elle-même.
Attention, les bénéfices affichés par une marque ou un produit, ... ne suffisent pas à créer
la confiance (voir «La communication produit : entre publicité et information ?».)
Deuxièmement, il est nécessaire que les émetteurs tiers soient des utilisateurs ou
des tiers de confiance ou encore des experts d'un sujet en connexion avec la chose
convoitée.
Plus difficile : l'émetteur de la promesse peut être le même que celui qui démontre que la
promesse est vraie seulement et seulement si cet émetteur est en liaison étroite avec des
tiers en qui l'on a confiance, même si ces derniers ne sont pas eux-même porteurs de la
preuve que la promesse est vraie. On ne devrait pas se faire avoir par l'ami de son propre
ami ! Non ?
Troisièmement, pour que l'impact soit important, il faut que le volume
d'informations de démonstration de la promesse ne laisse aucun doute du fait de
son amplitude ou bien que la crédibilité des sources de ces informations ne laisse
aucun doute. Un mixage des deux est bénéfique et amplifie encore l'impact (par tissage).
Quatrièmement, pour que l'impact soit amplifié, il est nécessaire que l'intention, la
promesse, soit relayée aussi conformément que possible par les tiers d'information
et qu'ils se substituent à l'émetteur de la chose, de l'objet, ...
Philémon voudrait acheter une tondeuse à gazon.
Il a à sa disposition plusieurs sources pour arriver à ses fins : les fabricants de tondeuses,
les revendeurs de tondeuses, les réparateurs de tondeuses (tiens, celle-là est
intéressante : «que me conseillez-vous ?» et le réparateur de lui choisir la marque qu'il voit
la plus fréquemment venir se faire réparer - Hum !), la grande distribution du jardinage et
autres enseignes du bricolage. Il peut aussi, sur le web, aller visiter les sites de
consommateurs, les sites de comparaisons, ou encore trouver des sites de jardiniers, de
motocultures, d'utilisateurs de tondeuses, ...
Ce que l'on peut dire, avec une certitude presque fanfaronne, c'est qu'une fois que
Philémon aura fait le tour de tout ça, il sera bien enquiquiné pour faire un choix, tant il aura
lu et lu de choses au sujet des tondeuses.
D'un point de vue communication, quelles choses aura-t-il lues ?
D'abord, des messages émanant directement des fabricants (intentions +
démonstrations). Certainement que ceux-ci mettront en avant bénéfices et caractéristiques
techniques, mais finalement ça pourrait bien être trop beau pour être honnête (émetteur
de l'intention confondu avec l'émetteur de la démonstration).
Ensuite, des messages de revendeurs (démonstrations que le produit est distribué - le
revendeur joue un peu le rôle d'émetteur tiers, mais c'est son business donc ... ?), qui font
parfois simplement étalage de ce qu'ils distribuent, laissant le consommateur se «sourcer»
sur les messages des fabricants, ou qui parfois ajoutent leurs propres messages (début de
démonstrations tierces, mais c'est leur business donc ... ?).
Et notre Philémon de ne toujours pas trop savoir quoi en penser et de vouloir aller plus
loin ...
Viennent maintenant les messages de la grande distribution (toujours démonstration que
le produit est distribué, mais toujours par quelqu'un dont c'est le business, donc ... ?), le
prix c'est bien pense-t-il, mais pour la maintenance (faille de démonstrations) ? Il demande
conseil à quelques «vendeurs» et se rend vite compte de leur jeunesse, dans le poste ou
démographique (faille de crédibilité référentielle 1) et que leur connaissance des produits
est assez ... courte (faille de crédibilité référentielle 2).
Sur le web, le voilà sur des sites de consommateurs. Beaux tableaux comparatifs
(démonstrations tierces - à priori bonnes puisque indépendantes). Des étoiles laissées là
par les internautes (démonstrations tierces - bonnes puisque certainement
indépendantes), mais aussi peut-être par les fabricants ou des concurrents (faille de
crédibilité référentielle 3), pour «coter» les produits, et des messages de commentaires qui
donnent bien souvent dans la contradiction, les règlements de comptes, (faille de
crédibilité référentielle 4) ... Par contre sur le beau tableau comparatif, il voit quelques
modèles recommandés dans la gamme de produits qu'il recherche (démonstrations
tierces). Il essaye de décrypter pourquoi ils sont recommandés par ce site de
consommateurs, mais n'est pas convaincu par les arguments (faille de crédibilité
référentielle 5 - pas une faille de démonstration puisque le comparateur n'a pas, à priori,
de rapport business avec les produits).
Il finit par faire une recherche sur Google et au bout de 3 heures de rebonds de sites en
sites, d'articles en liens et de boutons en pubs, ... il demeure dubitatif !
Le temps passe et notre Philémon croise Norbert (décidément, ils ont des prénoms du
début du siècle dernier) à la boulangerie et vont se taper un petit blanc-sec chez Lucette -
Ah Lucette (soupir !). Norbert est un ami d'enfance (crédibilité référentielle 1).
« - Dis donc, tu as quoi comme tondeuse ? » demande Philémon à Norbert.
- Ben, une HorseCut 6700, une 3 chevaux, tractée, avec broyeur.
- Et tu en es content ?
- Pas de gros problèmes jusqu'alors (démonstration tierce 1) !
- Et, ..., tu l'as achetée où ?
- Chez Henri ! Avec lui, au moins, je suis sûr qu'il fera le maximum et qu'il ne cherchera
pas à m'arnaquer (crédibilité référentielle 2). D'ailleurs il dit toujours : « Les arnaqueurs,
on en a marre ! » (relais de l'intention).
- Henri ? Ah ouais ? Mais on dit qu'il est cher. Moi je n'y vais jamais.
- Arrête, ceux qui disent ça sont des c... (crédibilité référentielle 3). Plus cher que
CasmoRata, sans doute. Mais quel service tu as chez eux ? (démonstration tierce
numéro 2). Albert avait acheté un motoculteur chez eux, il galère comme un fou avec les
entretiens (démonstration tierce 3). Ils n'ont jamais les pièces. Et puis Henri, il est connu
ici (crédibilité référentielle 4), tu peux le voir chez Lucette, tous les soirs à 19 h (crédibilité
référentielle 5). Les gars du bistrot l'ont même surnommé «Canardeur», vu qu'il tire sur
tous les arnaqueurs de la région (relais d'intention + démonstration tierce 4). S'il fait le
zouave, il est grillé et il ferme boutique. Il a intérêt à être carré (crédibilité référentielle 6).
Il fini par faire une recherche sur Google et tombe sur le site de «Henri - la moto-culture est
une culture» (affichage de l'intention).
Sur son site, Henri explique pourquoi il a choisi de ne distribuer que les marques HorseCut
et SheapEat, pourquoi il a arrêté les marques CowFail et GoatBuggy (démonstration
source unique valide - par opposition / contestation). Et il annonce clairement la couleur :
Henri n'aime pas les fabricants qui prennent les clients pour des idiots (démonstration
source unique valide - par opposition / contestation).
De plus, comme Henri est un gars soucieux de la satisfaction de ses clients, il mène
chaque année avant le printemps une campagne de coups de téléphone pour rappeler un
entretien à faire avant telle date et pour savoir s'il n'y a pas de réparations nécessaires à
prévoir (démonstration source unique valide - par l'accompagnement).
Il a même ouvert un espace client sur son site et, plutôt que de remettre des cartes de
fidélité «à la noix» (c'est Henri qui dit ça), avec tout appareil vendu, il remet un nom et un
mot-de-passe, qui permet au client de se connecter et de savoir où il en est avec ses
entretiens, de retrouver les factures d'achats, de réparations, ... (démonstration source
unique valide - par la facilitation et la transparence - Henri s'expose dans son
organisation).
Il propose également des conseils techniques pour faire ses entretiens soi-même et dit :
«vous n'avez pas l'argent ou vous préférez le faire vous-même, pas de problème. Mais ne
faites pas n'importe quoi, je ne suis pas là pour réparer vos c...ries ! Donc consultez les
fiches techniques d'entretien à disposition dans votre espace client, nom d'un
chien» (crédibilité référentielle valide - par désintéressement et par amour de la belle
oeuvre - Tudieu !).
Non content du «déjà très beau service qu'il offre», il est le fondateur de l'association des
«Revendeurs dont c'est la culture» (démonstration source unique valide - par opposition et
engagement), association dont les statuts commencent par : Article 1 - Revendeurs,
arrêtez de vendre n'importe quoi !. Article 2 - Revendeurs, nos clients ne sont pas des
gogos !
Bien évidemment quelques revendeurs l'ont rejoint (crédibilité référentielle 1) tandis que
d'autres non qui critiquent ardemment cette association dont ils disent : «Peuh, c'est un
écran de fumée leur truc» (crédibilité référentielle 2 - par in-crédibilité).
L'association s'étend, fait des repas, invite des élus, des clients, ... et Henri établit une
charte pour que les revendeurs adhérents portent le flambeau : Les «Revendeurs dont
c'est la culture - revendre oui, mais pas n'importe quoi ! (extension de l'intention +
crédibilité référentielle 3 - par multiplication des sources de confiance).
Pour que la chose soit vraie, un audit est réalisé chaque année chez chaque membre
«revendeur» qui veut bénéficier du label «Revendeur mais pas voleur», par un comité
constitué de membres tirés au sort : 2 revendeurs, 4 consommateurs et 1 expert
comptable qui ne doit pas être membre de l'association (extension de l'intention +
crédibilité référentielle 4 - par le jugement de tiers).
Évidemment que l'on peut s'attendre à tous les relais de presse que l'on veut sans le
moindre effort, à toutes les invitations publiques imaginables et inimaginables ...
Puisque nous parlons de «produire» les résultats que promet un produit, un service, ... qu'il
est donc question de démonstrations, de preuves que ces promesses sont vraies,
nombreux sont ceux qui ont pensé que les témoignages («testimoniaux» comme on dit
dans le jargon) pouvaient être une bonne manière de réduire les incertitudes, les doutes
des consommateurs !
Vous êtes-vous jamais demandé pourquoi vous croyiez si rarement à ce que racontait
Mme Renard, dans votre émission de téléachat matinale, sur les bienfaits de la Musclor
247 GT Plus «Deluxe» qui lui aurait permis de gagner tous ces superbes «abdos tablettes
de chocolat» en moins de 4 semaines ? (et qu'en plus satisfait ou remboursé et payable
l'année prochaine* <= important l'étoile).
Vous êtes-vous jamais posé la question de savoir pourquoi vous n'apportiez pratiquement
aucun crédit au flash-spot en gros à droite de Mr Durant, sur le dernier mailing «Tout
l'outillage dont vous avez besoin, chez vous, en moins de 48 heures», qui vous dit, sourire
Colgate, que sa vie est transformée depuis qu'il a acheté leur super kit.
Si vous l'avez fait, si vous avez épluché le mécanisme qui faisait que vous n'y croyiez pas
ou si mal, vous avez les bases pour penser marketing. Car le marketing c'est justement de
commencer par comprendre ce qui n'est pas crédible BIEN AVANT DE SAVOIR CE QUI
L'EST. Il faut insister sur ce dernier point car commencer par «savoir ce qui est crédible»
reviendrait à dire que nous fonctionnerions tous dans un moule. Or, le vrai moule est de
penser en termes de moules !
Les témoignages ne sont pas les seuls types de fausses démonstrations. Celles-ci sont
produites aussi et surtout lorsqu'on cherche à SURVALORISER la crédibilité d'un média,
d'un espace, ... Ainsi le Web des années 2000 était presque devenu une source de
crédibilité dans la lignée des «Vu à la télé» ou «Vu dans la presse». Il fallait avoir un site
web. Et que mettions-nous sur le site web en question ? Eh bien ! La plaquette bien sûr. Et
le prospect de penser : «Bieeen ! Vous êtes sur le Web !». Mouais !.
Attention. S'il ne faut pas SURVALORISER, ça ne signifie pas qu'il faille DÉVALORISER,
car après tout, si un auditoire existe sur un média donné, à qui cet auditoire fait confiance,
quand bien même la raison de cette confiance serait ridicule à nos yeux, nous avons
affaire là à un vrai Démonstrateur Tiers - en tout cas, il l'est pour cet auditoire. Les acteurs
du TéléAchat l'ont bien compris. Toute une génération s'est fondée sur un acquis simple :
Si c'est dit à la télé, c'est que c'est forcément vrai. Et c'est pourquoi des Pierre Bellemarre
s'y sont lancés. Il y avait un ingrédient de poids, la possibilité de Promettre en même
temps que de Démontrer, le tout par une source unique. Mais c'était aussi une époque
(pour cette génération) où il n'existait pas d'autres sources d'information que les «médias
officiels», donc aucun moyen de contre-balancer l'information reçue, sauf à disposer d'un
Norbert de confiance sur le sujet.
Aujourd'hui, prenons bien conscience qu'une démonstration «bidon», qui fait un peu trop
confiance à la VALEUR CRÉDIBILITÉ du support qu'elle utilise, aura fait le tour du net en
2 jours et que chacun se sera fait un jugement, qui en consultant le blog de Fatima, qui en
recevant un mail de Julien, qui en étant informé sur l'espace perso de Dranian dans un
réseau social quelconque ... - chacun ayant dans cet espace public fait ses propres choix
en matière de crédibilité référentielle.
La crédibilité, la vraie - pas celle des éphémères chiffres de vente au lendemain de la
campagne, au contraire celle qui traverse le temps, allant s'amplifiant - passe par la vérité.
La vérité, voilà encore quelque chose de bien subjectif - sauf à la considérer comme
dépendante de chaque regard. Bien sûr, il n'est plus possible aujourd'hui de faire prendre
des vessies pour des lanternes aux consommateurs (encore que !). Terminées, les
réclames d'antan (très drôles d'ailleurs), de l'avant-après, de «utilisé par les
professionnels» ou des «lotions des Moines Machin-Chose».
Mais faut-il pour autant imaginer qu'ils existeraient encore quelques «tromperies» non
exploitées qui pourraient duper les consommateurs ?
Faites-en ce que vous voulez, mais à l'heure où tout se sait en moins de temps qu'il ne
faut pour le dire, avec l'internet qui nous «écoute» et nous relaie plus vite que nous ne
pensons, c'est certainement une mauvaise idée que de l'imaginer ; en tout cas guère audelà d'un terme qui pourrait bien ne pas dépasser les quelques semaines, voire les
quelques jours.
D'ailleurs, même sans compter sur l'internet, était-ce vraiment une bonne idée ?
Redisons-le encore une fois : il faut des années pour bâtir une réputation et peu de
secondes pour la détruire.
Et quand on connaît la mémoire d'éléphant qu'a Google, pour ne citer que lui, c'est
toujours assez inconfortable de voir remonter des vieux trucs à la surface (des pages de
recherche).
Développer l'influence repose sur quelques points simples.
Le doute doit être levé.
La chose pour laquelle le doute doit être levé doit vraiment produire ce qu'elle promet.
Pour lever le doute, il faut des relais et que ces relais soient crédibles.
Pour un impact maximum, il faut des relais en nombre ou des relais de qualité.
Après, il n'y a plus que l'imagination pour les inventer, les faire exister mais, quoi qu'il en
soit, il faut toujours être vrai dans la démarche.
Les outils peuvent faciliter le développement de l'influence mais ce ne sont pas eux qui la
produiront. Ils ne seront que des amplificateurs.