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Communication Interne, le maintien du contact (extrait de l'ebook "Du Markeutinge et de la Comm. Décryptages num. 1")



Lorsque quelqu’un lance un projet, à la base, il est seul. Il trouve 2 ou 3 comparses à qui il explique son idée. En l’expliquant à d’autres, son projet s’étoffe par la construction qu’il doit opérer dans ses propres idées.


publié Le 01 Juin 2009


Avant sa parution au format eBook prévue le 1er juin 2009, voici, en avant-première, le quatorzième chapitre « Communication Interne, le maintien du contact » du nouveau livre de Luc-Olivier Lafeuille : « Du Markeutinge et de la Comm. - Décryptages num. 1 ».



© Loic LUCIDE - Fotolia.com


Étant donné qu’il s’adresse à d’autres, il va donc avoir un certain “discours” (au sens étymologique du terme) sur son idée.

N’avez-vous vous jamais entendu des gens se plaindre qu’ils sont éloignés de leur base, ou qu’ils sont isolés de leur état-major, ou encore qu’ils ne se parlent pas entre services, … ?

Si, si, si et RE-si. Mais attention ! L’isolement, l’éloignement, l’absence d’échange, peut prendre de multiples formes et provenir de multiples causes.

Comme d'un discours édulcoré, trop policé, trop politique. Comme, au contraire, d'un discours complexe, difficile à comprendre. Comme d'un discours trop abstrait …

Ce peut être quelque chose de réel et effectif, une vraie absence d’échanges.


Mais pourquoi parler de discours ?


Re-situons le contexte. Les gens ont besoin de travailler pour survivre. Soit ils sont motivés pour le faire dès l’origine, soit il faut que le collectif d’accueil les motive.

On ne commence que rarement un boulot en se disant : ça ou peigner la girafe, je fais mes 35 heures et après commence la vie. Et quand c’est le cas, c’est un peu triste parce que, entre les transports et le temps de travail, on est vite à la moitié d’une journée, et si on enlève le temps de sommeil, il ne reste pas vraiment de temps pour “vivre”.

Pourquoi alors croise-t-on tant et tant de gens qui semblent si peu impliqués dans leur mission ? Quand je parle d’implication, je ne veux pas dire qu’ils ne font pas leur travail du mieux qu’ils peuvent, je veux dire qu’ils n’affichent pas un enthousiasme "exubérant" pour l’aventure qu’ils vivent chaque jour de la semaine, depuis 7 h du matin pour certains, jusqu'à 20 h pour d'autres, ou encore la nuit et le dimanche ! Je veux dire qu’il faut souvent leur poser 12 questions pour savoir ce qu’ils font de la moitié de leur vie. Et étonnamment, ils vous ont déjà exposé 2 ou 3 passions, mais elles ne sont que très rarement professionnelles. Pourtant, il existe bien la question : “Que fais-tu dans la vie ? ” à laquelle il est rare de s’entendre répondre : “de la marche à pied ou des tournois de tarot avec les copains”.

Sans enlever la responsabilité qui relève de chacun de faire de sa vie quelque chose d’attrayant ou non, il faut quand même se poser quelques questions sur la manière dont les collectifs tissent les mailles de ce qui les constituent fondamentalement : la communication.


Bien, et le discours dans tout cela ?


Lorsque quelqu’un lance un projet, à la base, il est seul. Il trouve 2 ou 3 comparses à qui il explique son idée. En l’expliquant à d’autres, son projet s’étoffe par la construction qu’il doit opérer dans ses propres idées. Étant donné qu’il s’adresse à d’autres, il va donc avoir un certain “discours” (au sens étymologique du terme) sur son idée.

Et voilà nos quatre larrons de lancer leur projet, et on espère qu’il s’agit bien de “leur projet à tous” tant il est vrai qu’il faut que tout le monde se le soit approprié pour être sûr que chacun marche dans une direction commune.

Quinze ans plus tard, 200 collaborateurs plus loin et 3 implantations régionales après, nous nous retrouvons potentiellement avec 2 extrêmes et un curseur à placer entre les deux.


Regardons les extrêmes avant de positionner le curseur


Premier extrême : La main-d’œuvre est apparentée à une “subdivision systémique de l’outil de production”, l’encadrement à un “appareil d’amplification des performances”, les clients à un “récepteur de consolidation des gains”. Brrrr !

Deuxième extrême : Ils travaillent SOCOPEC, ils dorment SOCOPEC, ils se marient entre SOCOPEC, ils mangent SOCOPEC, ils achètent SOCOPEC et le dimanche, ils prient ensemble pour l'avènement de SOCOPEC-DDHA (Le bouddha Socopec) ! Mouais ! Moi, j’aime bien la marche à pied en dehors de la ville de SOCOPEC.

Où vont-ils mettre le curseur, nos quatre larrons ? Vers le premier extrême, ou vers le second ? Au milieu ! Et d’ailleurs, c’est quoi l’idéal ?

Ce n’est pas ici et maintenant qu’on va le définir. Mais comment SOCOPEC Land a-t-elle pu exister ?

Arg ! Encore et toujours, la promotion et l’entretien d’une cause commune. Comment ? En faisant adhérer à cette cause. Et si c’en est arrivé au point que SOCOPEC Land existe (c’est un exemple faux mais ce type de ville-société a réellement existé), c’est parce que l’adhésion a été développée par l’explication d’abord et ensuite par le fait que chacun y trouvait son intérêt.

Comment, encore ? Eh bien par le maintien d’un discours qui vise à perpétuer la création initiale, l’intention initiale de notre premier larron, à travers le temps et l’espace.

Gaston Lenôtre, que j’ai croisé, passait son temps à raconter son histoire à toute nouvelle personne qu’il rencontrait et surtout à évoquer l’idée initiale qui avait fait de Lenôtre ce que cette entreprise était devenue. Sans doute romançait-il par moments, mais comme il racontait aussi ses ratés et ses échecs, ça restait équilibré. Et je peux vous assurer que lorsque j’ai travaillé pour lui, après l’avoir écouté, mes idées de création ont complètement changé. Elles se sont réalignées sur le “discours Lenôtre” (au sens noble). J’étais avec lui, dans la mission.


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